Proche-Orient · Beatriz Aebischer
Samarcande, Boukhara, Khiva — les cités de la Route de la Soie —, Tachkent entre bazars et béton, la vallée de Ferghana au loin… Toute l’Asie centrale, sur mesure.
Au carrefour de l’Asie et de l’Europe, l’Ouzbékistan fut, des siècles durant, le grand rendez-vous des caravanes entre l’Orient et l’Occident. Samarcande, Boukhara, Khiva : ces trois noms résonnent comme les pages d’un récit que l’on croyait oublié, quelque part entre la légende et la mémoire des marchands. Tamerlan y fit venir les meilleurs artisans de son empire — et de leurs mains sont nées ces coupoles d’azur, ces mosaïques sans fin, aujourd’hui inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais par-delà les monuments, c’est un pays de rencontres, où l’on vous accueille avec une chaleur qui ne se joue pas.
Trois joyaux jalonnent ce parcours de légende. Samarcande éblouit d’emblée, avec ses coupoles turquoise et ses places monumentales, témoins de l’âge d’or de l’Asie centrale — Tamerlan en fit la capitale de son empire et y appela les plus grands artisans des terres conquises. Boukhara, ville-musée au charme intact, déroule ses ruelles et ses médersas autour du minaret Kalyan : ici veille une spiritualité savante, héritée des caravanes d’Orient. Khiva, enfin, surgit comme un conte des Mille et Une Nuits, admirablement préservée derrière ses remparts de terre ocre. L’ensemble figure au patrimoine mondial de l’UNESCO — mais sur place, croyez-moi, c’est l’émerveillement le plus simple qui l’emporte.
La capitale ouzbèke marie de larges avenues plantées d’arbres et un héritage millénaire. Son métro, l’un des plus beaux de l’ex-Union soviétique, aligne des stations que l’on visite comme des salles de musée — lustres, mosaïques, marbre, chaque arrêt a son décor. On flâne ensuite dans l’un des plus vastes bazars d’Asie centrale, entre épices, fruits secs et pains dorés tout juste sortis du four, avant de pousser jusqu’au tout nouveau musée des Civilisations islamiques. Première étape idéale : Tachkent donne le ton, avant de s’élancer vers les cités de la Route de la Soie.
Cap sur l’une des régions les plus attachantes du pays. Trois jours de randonnées accessibles, réglées sur votre rythme, ponctuées de beaux moments de partage chez l’habitant. Ici, ce sont les rencontres, l’artisanat et le quotidien qui priment : on marche entre vergers d’abricotiers et de grenadiers, champs de coton, villages traditionnels et marchés animés. Et le soir venu, le thé se partage sous la tonnelle — car l’hospitalité ouzbèque n’est pas un argument touristique, c’est une manière d’être.
Initiation à la miniature et à la broderie dans l'atelier d'un artiste, puis dégustation du plov mijoté au kazan : mains et papilles réunies.
Les cités majestueuses d'un côté, les lacs d'altitude et les grands espaces de l'autre : deux visages de l'Asie centrale en un seul voyage.
Avec Turkish Airlines, offrez-vous une escale sur le Bosphore : mosquées majestueuses, bateaux à perte de vue et l'ambiance unique d'Istanbul.
Le meilleur moment ? Le printemps (avril-mai) ou l’automne (septembre-octobre), sans hésiter. Les températures sont douces — 20 à 30 °C —, le ciel dégagé, et au printemps la campagne se pare de vert. L’été brûle les plaines, l’hiver gèle les steppes : on les laisse aux voyageurs avertis.
Côté logistique, le train rapide a tout changé — Samarcande–Boukhara, cinq heures autrefois, se fait aujourd’hui en moins de trois heures, et d’autres lignes s’achèvent. Comptez dix à douze jours pour le circuit classique — Tachkent, Samarcande, Boukhara, Khiva —, et pourquoi pas une échappée vers la vallée de Ferghana.
Et l’Ouzbékistan s’accorde à merveille avec le Kirghizistan — ou une halte à Istanbul au retour.